Des organismes s’inquiètent des « compressions inacceptables » en éducation au Québec
Des organismes du réseau de l’éducation – allant d’une coalition de comités de parents à des directions d'établissements d'enseignement, du personnel de direction d'écoles et des syndicats – exhortent Québec à mettre fin aux « compressions » annoncées. Dans un communiqué partagé jeudi, le regroupement La commande gouvernementale passée aux directions d'écoles est de réduire leurs dépenses de 570 millions $. La journaliste de Radio-Canada, Fannie Bussières McNicoll Photo : Radio-Canada Bien que le ministre de l'Éducation, Bernard Drainville, leur ait demandé de toucher le moins possible aux services directs aux élèves, ces groupes soutiennent que cela sera impossible, vu l'ampleur des réductions demandées. Le cabinet de Bernard Drainville se défend en effet d’imposer des compressions au réseau de l’éducation. Le budget annoncé en mars reste le même, soit 23,5 G$, mais Québec lance un avertissement aux écoles : pas question de faire de dépassement budgétaire l’an prochain. Ce dernier ajoute avoir investi énormément en éducation, faisant grimper le budget de 58 % dans les six dernières années. Mais Le cabinet de Bernard Drainville se défend d’imposer des compressions au réseau de l’éducation. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel Les organismes ayant sonné l’alarme jeudi matin sont catégoriques : il est clair que les services aux élèves seront affectés si Québec ne revoit pas ses plans, des sorties scolaires aux livres pour la bibliothèque, en passant par les activités parascolaires et le soutien aux contenus obligatoires (comme l’éducation à la sexualité). On ne veut pas être alarmiste ou pessimiste, mais la réalité, les faits sont tels que malheureusement on ne peut pas être optimiste avec la rentrée qui s’en vient. Tout aussi préoccupé par la suite des choses, André Bernier, directeur de l'école primaire du Bourg-Royal-et-du-Châtelet et vice-président de l’AQPDE, s’explique encore moins que Québec ait partagé ses directives si tardivement. Là, on se trouve à minuit et cinq – et pas minuit moins une – pour faire des changements où il y a très peu de quarts d’emploi qui peuvent être touchés parce que les affectations sont déjà faites. Ayant 25 années de travail à la direction ou à la direction adjointe d’école derrière la cravate, André Bernier assure n’avoir En vue de la rentrée, André Bernier appréhende déjà de la grogne de toutes parts, et plus particulièrement des parents. André Bernier est directeur de l'école primaire du Bourg-Royal-et-du-Châtelet et vice-président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles. Photo : Radio-Canada En prévision de ce phénomène, André Bernier a, conjointement avec les autres directions membres de l’AQPDE du Centre de services scolaire des Premières Seigneuries, envoyé une lettre aux parents de leur CSS afin de leur faire part de la Il est inconcevable pour nous, qui œuvrons quotidiennement au développement et à la réussite de chaque élève, de voir l’éducation être ainsi charcutée. En conclusion, la lettre appelle les parents à appuyer leurs démarches et à manifester leurs désaccords. Des parents ont d’ailleurs levé la main afin d’exprimer leurs inquiétudes, voire leurs frustrations, face aux récentes annonces du gouvernement. C’est le cas de Chantal Serafini, parent d’élève qui, avec une autre parente d’élève, coorganise une marche qui se tiendra jeudi après-midi à Montréal. En entrevue à Tout un matin, cette mère dénonce On voit à quel point les écoles font beaucoup avec pas grand-chose. On veut montrer qu’on les soutient. Mais surtout, on veut montrer aux enfants qu’on se bat pour leur avenir. Cette dernière espère également pouvoir faire de cette marche une manifestation hebdomadaire, tant et aussi longtemps que les plans du gouvernement ne seront pas changés. Une marche du même genre se tiendra également à Québec jeudi, et à Saint-Jean-sur-Richelieu le 9 juillet. Le ministre de l’Éducation du Québec, Bernard Drainville, persiste et signe dans une déclaration sur ses réseaux sociaux jeudi après-midi, souhaitant du même coup Celui qui est aussi député de Lévis invite Après l’austérité libérale, nous avons réalisé un travail plus que nécessaire. Aujourd’hui, il faut respecter le portefeuille des Québécois et faire des choix responsables. Il conclut : La classe politique a réagi aux restrictions budgétaires annoncées par Québec. La nouvelle cheffe de l'opposition officielle, Marwah Rizqy, a vivement critiqué l'attitude du gouvernement lors d'une entrevue accordée à Mathieu Belhumeur, à l'émission Midi Info. Le gouvernement a une obligation légale en matière d’éducation. C’est pour tous les élèves du Québec, même ceux qui ont une difficulté d’apprentissage. On doit leur donner à eux encore plus de support. Marwah Rizqy trouve par ailleurs une certaine hypocrisie au fait que l'objectif de réduction des dépenses du gouvernement, soit un demi-milliard de dollars, est équivalent Du côté de Québec solidaire, il a été annoncé que la co-porte-parole Ruba Ghazal serait présente à la marche prévue à Montréal jeudi. Son collègue Sol Zanetti, lui, participera à celle de Québec. Avec des informations de Colin Côté-Paulette, Fannie Bussières McNicoll, Tout un matin et La Presse canadienneEnsemble, unis pour l’école
se dit indigné par les compressions inacceptables en éducation que le gouvernement tente en vain de minimiser à l’aide de créativité comptable
.
Le ministère de l’Éducation joue sur les mots pour donner l’impression qu’il limite les dommages à ce seul montant. Or, dans les faits, ils seront bien supérieurs, notamment parce que l’inflation n’a même pas été couverte par les subventions du ministère
, soutient le regroupement.Si les dépenses se poursuivaient au même rythme pour la prochaine année, le réseau scolaire public dépasserait de 357 M$ ce budget [pour l'année financière qui se termine au 31 mars 2026]
, indique le cabinet.après tout ce rattrapage, on doit maintenant consolider nos investissements
, explique-t-on.
Le service à l’élève sera affecté, assure le réseau scolaire
[Avec ces mesures, ce sont des] centaines de TES [technicien en éducation spécialisée] de moins. Ce sont des orthopédagogues de moins dans nos écoles. C’est de la non-embauche de personnel professionnel, donc pas de psychologue, de psychoéducatrice. On coupe dans le secrétariat, dans la conciergerie, dans l’aide alimentaire, dans les sorties culturelles. Et ça, on n'atteint même pas le quart de l’effort budgétaire qui nous est demandé
, explique Nicolas Prévost, directeur de la FQDE.Ce sont des décisions qui auraient dû être prises avant pour qu’on ait le temps de se pencher sur la structure complète.
Ça ne nous permet pas d’avoir une gymnastique complète, parce que le temps est trop court
, poursuit M. Bernier.absolument jamais
vu de mesures budgétaires aussi draconiennes, et il assure que l’on est dans une autre dimension
par rapport aux mesures prises par le passé.On a déjà eu des périodes d’austérité, mais c’était cosmétique comparativement à ce qu’on vit là
, affirme André Bernier. C’était des petites coupures où, dans les budgets internes de l’école, on était capable de couper ce qu’on avait à couper sans que ça paraisse dans le service à l’élève.
La rentrée appréhendée
On sait que les parents ne seront pas contents du service qui sera offert. Tout ça va retomber sur les enseignants, puis va retomber sur les épaules des directions…
, indique-t-il.
situation extrêmement préoccupante
à laquelle ils font face.Nous tenons à vous assurer que, malgré cette situation difficile, nous mettrons tout en œuvre pour soutenir vos enfants et répondre au mieux à leurs besoins
, ajoute-t-on dans cette lettre. Cependant, nous ne pouvons ignorer le fait que les décisions ministérielles nuisent grandement au développement de vos enfants ainsi qu’au bien-être du personnel.
Des parents réagissent

qu’on coupe où il n’y a plus de gras à couper, où il n’y a plus de chair sur les os
.Drainville :
Jamais un gouvernement n’a investi autant, aussi vite, pour nos écoles
rappeler les faits
.tous ceux qui parlent de "coupures" à regarder les chiffres plutôt que les slogans
. Pour illustrer ses propos, il a répété que le budget du ministère de l’Éducation a augmenté de 58 % depuis que la CAQ est au pouvoir – C’est bien plus que l’inflation!
– et que depuis 2018, l’investissement en éducation a augmenté en moyenne de 7 % par année
.Dépasser les budgets consentis par l’État ne peut pas devenir une habitude
, ajoute par ailleurs le ministre.Les centres de services scolaires devront faire des choix. C’est un changement de culture et nous allons les accompagner là-dedans. Avant tout, ma boussole demeure la même : l’intérêt de nos enfants.
Les oppositions critiquent le gouvernement
Notre ascenseur social, c’est l’école, c’est l’éducation. Et si nos enfants n’ont pas non seulement l’aide alimentaire mais aussi les soutiens professionnels [...], on n’aide pas la réussite éducative, au contraire : on est en train de faire échec à des années et des années d’effort pour s’assurer qu’on recule sur le décrochage scolaire au Québec
, a lancé la députée de Saint-Laurent.C’est peut-être un gouvernement qui se dit comptable, mais moi, j’étais fiscaliste avant d’être politicienne, et si mes coûts de service et le nombre d’élèves augmentent, alors nécessairement je dois augmenter mes budgets pour réussir
, pense-t-elle.dollar pour dollar
à la perte immense
dans le fiasco SAAQclic. Les dépassements de coût du projet CASA, qui comprend entre autres la plateforme SAAQclic, ont été évalués à environ 500 millions de dollars.
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